Réveil matin 8h, je me
réveille comme une fleur … ou presque, je sens un peu de
stress monter doucement en moi … 1er semi
… J’en rêve depuis longtemps mais je n’ai jamais
eu le courage ou le destin en a toujours voulu autrement (cf semi
de Metz abandon à 8H30 …) .. Bref, là mon corps a
l’air de bien gérer, je ne ressens pas de fatigue intense
avant même d’avoir chaussé mes Mizuno …
L’environnement n’a pas l’air non plus de
s’opposer à cette journée … Le soleil se lève petit à
petit, comme pour nous encourager … Je me sens toujours un
peu anxieuse, mais sereine de me sentir en forme, et prête .
L’heure tourne, on part rejoindre la foule pour 10H, ce qui nous laisse une demi-heure d’échauffement avant le grand départ … L’équipe d’Exia Running n’est pas là physiquement, mais mentalement… Le T-shirt est bien présent sur mon dos et sur celui de mon père qui sera devant moi tout le long.. Bon stimulus quand les jambes deviendront de plus en plus lourdes …
800 participants … De voir la foule, des frissons me parcourent toutes les dix secondes … J’ai hâte de commencer à courir ... Hâte de sentir cette sensation d’être portée par le monde au départ … De se laisser emmener, de laisser avancer ses jambes sans trop les contrôler , de ne penser à rien … De se sentir libre …
Coup de départ … Tout le monde se lance … On court toujours plus vite que son rythme les 10 premières minutes emporté par l’euphorie de la course … Puis on stabilise tous plus ou moins son rythme . Des pelotons se forment , on essaie de se donner des repères : ne pas perdre de vue la fille devant moi, ne pas laisser mon père me mettre une trop grosse pile non plus … Et on court, on discute , on regarde le paysage … On devient de plus en plus tranquille, serein … Tout allait à merveillle …
Jusqu’au 8ème km … 2ème ravitaillement … grosse panique … J’ai cru signer là la fin de mon premier semi … et je crois que si cela avait été le cas, j’arrêtais la course à pied … (abandon Metz puis Thionville, j’aurai fini par croire que le Dieu de la course ne voulait pas de moi sur ses pistes !!) … Bref, ils n’ont rien trouvé de mieux que de distribuer des éponges ‘désaltérantes, rafraîchissantes et tutti quanti’ … Un véritable carnage cette idée … Au moment où je m’apprêtais à tendre le bras pour récupérer une petite bouteille d’eau qu’on me proposait, le mec devant moi balançait sa fameuse éponge pleine d’eau sur l’asphalte bien luisant … Je n’ai rien vu venir, mon pied droit s’est délicatement posé sur ce morceau de mousse trempée, et en une demi-seconde l’effet peau de banane avait frappé… Je me suis retrouvé à terre, les deux genoux explosés, en sang … Deux possibilités me relever et continuer, me relever constater l’ampleur des dégâts, prendre peur et s’arrêter … Le deuxième cas prendrait trop de temps … Deux vétérans me prennent la main, me relèvent, me demandent si ça va … J’ai du leur faire un minuscule oui de la tête … Ils me soutiendront jusqu’à la fin … J’ai donc couru les derniers 13kms en faisant abstraction totale de mes genoux …
19ème km sur mon polar … 1H30 de course … Je jubile … 2km il me reste, putain je vais le finir en moins d’1H45 … J’accélère petit à petit , entraînant avec moi, mes deux nouveaux copains … Je suis devenue super légère , euphorique … Je rêve … jusqu’au moment où je me rapproche de plus en plus du panneau indiquant le 16ème km … Ma montre est mal étalonnée ou quoi ???? Là, fatalement j’ai pris un gros coup au moral … 5km, il me reste 5 km et j’accélère depuis un bon km …. Je vais mourir, je le finirai jamais … descente aux enfers brutale mais vite mise de côté par l’entraide énorme qu’il y a entre coureurs … Mon vétéran ne me lâche pas , m’entraîne , me parle … J’oublie de penser , je lui réponds, le suis et avance ….
Les 500 derniers mètres seront les plus durs … Mais la ligne d’arrivée est là, l’adrénaline monte, en entendant la foule applaudir, mon prénom est crié, mon père est revenu me chercher et d’elles-mêmes mes jambes se mettent à courir plus vite et le corps suit bêtement … Ca y est , elle est franchie … 1H52 … Moins de deux heures … A l’arrêt, je ressens tous mes muscles comme s’ils s’étaient endormis pendant tout ce temps … Je regarde mes genoux et une deuxième rotule pousse à côté de ma rotule droite … Je vais boiter pendant 2jours et avoir un hématome splendide, de belles écorchures … mais peu importe ……Mon 1er semi est réussi … 19 avril 2009 …
Maïlys





